Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 15:27
    Formule trouvée par la petite sœur de Recofga, c'est marrant et bien approprié comme titre même si nous ne sommes pas fan de Raymond Devos… Quoi qu’il en soit, voilà le compte rendu Nature succinct accompagné de photos d’une petite semaine de vacances d’avril dans le Marais Poitevin.

    Pour la présentation rapide, le Marais Poitevin s’étend sur environ 70 km de Niort  à l’Océan Atlantique et se situe sur 3 départements : les Deux-Sèvres, la Charente-Maritime et la Vendée. Ce territoire correspond à l’ancien Golfe du Poitou que l’on appelait le «Golfe des Pictons» (il y a 2 millions d’années). L’océan et les fleuves ont amené une terre tourbeuse mais il fallait trouver un moyen de maitriser l’eau dans ce territoire situé en grande partie au dessous du niveau de la mer. A partir du VIIème siècle, plusieurs abbayes se lancent dans l’aménagement pour gagner des terres. Des moines aidés de villageois et plus tard un ingénieur hollandais ont construit des digues pour assécher le marais et ont creusés des canaux. Petit à petit en passant par les nombreuses guerres, on est arrivé à ces 2 paysages bien distincts : les marais mouillés (encore inondés en période de pluie) et les marais desséchés.
    Sur les berges, on observe bien la taille en «têtards» du frêne pour le bois de chauffage. On observe aussi beaucoup de forêts de peupliers bien alignés car le Marais Poitevin fournit environ 50 % de la production française pour le contre-plaqué. L’Iris des marais ou Iris Faux acore (Iris pseudacorus) est présent et donne un peu de couleur aux canaux.
Iris des marais ou Iris Faux acore (Iris pseudacorus)

    En ce qui concerne la faune, commençons d’abord par le plus facile des Amphibiens à dégoter, la fameuse grenouille verte (ce groupe est assez difficile à caractériser, on en reparlera sûrement dans un autre article consacré plus spécifiquement aux grenouilles vertes).
Grenouille verte (Pelophylax sp)

    Après la grenouille, le deuxième emblème du Marais et 1er héron rencontré (Famille des Ardéidés) : le Héron cendré (Ardea cinerea) perché en haut d’un arbre.
Héron cendré (Ardea cinerea)

    Dans la région de Niort, la spécialité est l’Angélique. Le but de ce blog n’est pas de parler de tourisme mais l’Angélique est une plante assez particulière pour être évoquée. Au XIVe siècle, on la cultive, comme un remède, dans les monastères d'Europe centrale. On la considère alors comme un légume bénéfique avec des propriétés médicinales. Dans un traité publié en 1600, Olivier de Serres note, dans son langage imagé : « l'angélique, tel nom a été donné à cette plante à cause de cette vertu qu'elle a contre les venins.». Aujourd’hui on l’utilise en confiserie, en liqueur et en tisanes. Monsieur Thonnard qui en vend depuis des générations est très sympathique et nous a indiqué un de ses champs. Cette plante herbacée fait partie de la famille des Apiacées. Elle est bisannuelle et peut atteindre jusqu’à 2 mètres de haut.
Angélique officinale (Angelica archangelica)

    Pour changer du Marais humide, petite sortie à la Baie de l’Aiguillon, histoire d’aérer un peu nos jumelles. On y observe des Tadorne de Belon (Tadorna tadorna), des courlis cendré (Numenius arquata) et corlieu (Numenius phaeopus), notre deuxième Ardéidé, l’aigrette garzette (Egretta garzetta), et un énorme congre commun (Conger conger).

Courlis corlieu (Numenius phaeopus)
Congre commun (Conger conger)

    Dans un pré à vaches, on trouve notre 3 ème Ardéidé, le héron garde-bœufs (Bubulcus ibis). On décide alors de se rendre à la héronnière du Pain béni pour tenter de voir 2 autres espèces moins communes (le Héron pourpré et le Bihoreau gris), et c’est là que ça se complique, car les cartes touristiques gratuites sont extrêmement mal faites ! Résultat :  pas d’autres hérons pour notre collection…
Héron garde-bœufs (Bubulcus ibis)

  Pour ne pas être trop négatif, il existe des sites bien indiqués comme le très intéressant Sentier de la maraichine, qui nous a permis, pourtant en pleine journée, d’observer plusieurs grenouilles agile (Rana dalmatina). La nuit nous a permis d'observer les Rainettes arboricoles (Hyla arborea), mais toujours pas de photos de rainettes sur ce blog, à cause d'un oubli d'appareil!
Petite nymphe au corps de feu ( Pyrrhosoma nymphula)
Grenouilles agile (Rana dalmatina)

    Pour finir sur une note pédagogique, voilà quelques informations qui permettent de distinguer la grenouille agile de la grenouille rousse. Attention à ne pas prendre ces critères au pied de la lettre, les amphibiens ont des critères très variables selon les individus, il faut donc recouper le maximum de critères, et surtout prendre une photo dans les cas douteux.
Grenouille agile (Rana dalmatina) à gauche : museau plutôt long fin et pointu (en orange), tympan plutôt très grand, presque la taille de l’œil, et proche de celui-ci (en blanc), et œil dont le tiers supérieur doré contraste bien avec le reste (en vert)
Grenouille rousse (Rana temporaria) à droite : museau plutôt court, busqué, large (en orange), tympan plutôt grand (3/4 de l’œil) et plus éloigné de l’œil (en blanc), et œil généralement sans délimitation entre le doré et le brun, et dont l’iris est généralement entouré de doré (en vert)


   

    Pour ne pas se retrouver à chercher, comme nous, la héronnière du Pain-béni sans succès, et pour avoir de très bonnes informations sur la faune et la flore observable dans les différents milieux du Marais, nous conseillons vivement «Le Marais Poitevin, découverte nature» de Jean-Pierre Guéret de la LPO, que vous pouvez acquérir pour la modique somme de 5 euros 50 (9 si vous vous faites arnaquer à l’attrape-touristes du coin !).
  













 On avoue qu’on a été un peu déçu par le paysage. Le Marais est cultivé de façon intensive et les engrais et pesticides doivent bien alimenter les canaux ! Du coup on sait pourquoi ils ont perdu le label « Parc Naturel Régional ». En effet, Le Parc interrégional du Marais Poitevin avait déjà bénéficié du label "Parc Naturel Régional" de 1979 à 1997. En 1997, il perdait ce label, qu'il tente aujourd'hui de reconquérir. Mais les chances de le récupérer deviennent très minces car en février 2008, Jean-Louis Borloo a rejeté le projet de charte pour le Marais poitevin. La particularité du Marais est de faire partie de  trois départements et deux régions dont les objectifs économiques et politiques sont souvent divergents. Pour citer un exemple, en Poitou-Charentes, la Présidente de Région ; Ségolène Royal ; avait promis une prime à toutes les communes des Deux-Sèvres et de Charente-Maritime qui signeront leur adhésion au projet de charte. En région voisine, les Pays-de-Loire, dont le département de Vendée est en partie situé sur le Marais, le Président du Conseil général de Vendée ; Philippe de Villiers ; avait pris le contre-pied et promettait une prime aux communes qui n'adhèreraient pas ! Et voilà comment le fric et la politique compromettent les chances de préserver ce qu’il reste encore de Nature ! Dossier à suivre…

Partager cet article

Repost 0
Published by recofge
commenter cet article

commentaires

  • : Recofge
  • Recofge
  • : On cherche, quelquefois on trouve, elle photographie et on écrit... Si vous souhaitez utiliser une photo du blog, pour nous envoyer des infos sur les publications ou l'actualité "nature" d'Aquitaine, ou pour toute autre requête, veuillez nous envoyer un mail à recofge(at)gmail.com (remplacer le (at) dans l'adresse par @ )
  • Contact

Recherche